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Pouvoirs / Coulisses / 13/10/2025

Retailleau-Lecornu, histoire d'une rupture

Dimanche 5 octobre, 16 h 30. Bruno Retailleau attend toujours un appel, un signe de Sébastien Lecornu alors que l'annonce du nouveau gouvernement est notifiée pour le soir même. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre avait promis de lui adresser une feuille de route. Une alliance semblait évidemment possible. Mais rien n'est venu. « J'ai passé la semaine à faire le siège de son cabinet », raconte le patron des Républicains. À bout de patience, et sans nouvelles, il quitte la place Beauvau et se rend directement à Matignon. À son arrivée, il découvre un Premier ministre entouré d'une quinzaine de conseillers, concentrés sur la rédaction de son discours de politique générale prévue deux jours plus tard. Bruno Retailleau insiste : « La composition du gouvernement est prioritaire ! » Sébastien Lecornu lui lit la liste des ministres. Tout y est, sauf un nom. Celui du ministère des Armées. « C'est le domaine réservé du Président », élude le Premier ministre. L'ancien sénateur repart sans explication après une heure et demie d'entretien. À son retour à Beauvau, il découvre, comme tous les téléspectateurs, le nom de Bruno Le Maire prononcé par le secrétaire général de l'Élysée, Emmanuel Moulin. « Si Sébastien ne me l'a pas dit, c'est qu'il voulait me le cacher », confie Bruno Retailleau à ses proches. Il y a eu une « volonté de dissimulation », estime-t-il, convaincu que l'hôte de Matignon et Emmanuel Macron ont parié sur la résignation des Républicains : « Ils pensaient qu'on finirait par tout accepter. » La rupture est consommée. « J'ai choisi les convictions, pas le reniement. Le minimum, à ce niveau de responsabilité, c'est de se parler », ressasse-t-il, amer.

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