ÉditorialLa nouvelle faute de Macron >
Jusqu'où ira-t-on ? La France est passée en quelques mois d'une crise politique à une crise de régime. Et la voilà qui s'apprête à plonger à la fois dans une crise de société et dans une crise budgétaire. Au même moment, l'Europe, qui n'a toujours pas tiré la moindre conclusion du rapport Draghi, assiste à son effacement de la scène internationale sous les coups de boutoir conjugués de Donald Trump, de Vladimir Poutine et de Xi Jinping. Tout cela avec le sourire et les remerciements d'Ursula von der Leyen. C'est dire si les défis qui s'imposent à Emmanuel Macron n'ont jamais été aussi redoutables. Mais plutôt que de s'y atteler et de faire de sa fin de mandat une aventure churchillienne, le chef de l'État n'a rien trouvé de mieux que de s'aventurer encore davantage dans le domaine de l'« Orient compli-qué » où il a multiplié les gaffes et les contretemps. Lundi prochain, il sera à New York pour reconnaître officiellement la Palestine, au nom de la France. S'il n'y a pas de débat sur la nécessaire coexistence de deux États au sein de « cette terre de lait et de miel », on peut reconnaître que le moment est franchement mal choisi pour accomplir un tel geste. Alors qu'une cinquantaine d'otages (dont certains morts) sont encore détenus par les terroristes du Hamas. Et qu'Israël va célébrer le même jour la fête de Roch Hachana qui marque le début de la nouvelle année du calendrier hébraïque. Ce geste ne va pas contribuer à rehausser l'image désormais trouble que le monde a de notre pays. Une faute de plus dont on se passerait bien.