Accueillons les chercheurs américains >
Dominique de Villepin a beaucoup de qualités. Il vient de publier un texte très construit et très bien écrit dans lequel il donne sa vision du monde d'aujourd'hui. Mais ce diplomate désabusé pèche par excès de pessimisme lorsqu'il explique que « Prométhée est épuisé ». Le progrès scientifique n'est certes pas un long fleuve tranquille. Lorsqu'il conduit à envoyer les amies de Jeff Bezos pendant dix minutes dans l'espace, il n'est pas certain qu'il serve l'humanité. Mais lorsque des scientifiques découvrent – comme cela a été le cas la semaine passée – des pistes de traitement contre la maladie de Charcot ou celle de Parkinson, l'idéal prométhéen a toujours sa place sur la planète. Sauf aux États-Unis où le ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr explique que la vaccination est une cause de l'autisme, où Elon Musk coupe les crédits des scientifiques, et où Donald Trump fait la chasse aux universitaires. Il faut donc saluer l'initiative de François Hollande qui vient de déposer une proposition de loi pour faciliter l'accueil de chercheurs étrangers, en visant notamment ceux établis aux États-Unis. Plus qu'un statut juridique, il faudrait aussi mettre en place un « plan Marshall » pour que l'Europe devienne la base de repli et l'espace de liberté de tous les chercheurs menacés dans leurs pays. À la manière de ce que les États-Unis de Roosevelt ont été pour les scientifiques européens terrifiés par Hitler. « La Science n'a pas de patrie », proclamait Pasteur. Alors déroulons-lui le tapis rouge quand l'administration Trump l'inscrit sur sa liste noire.