le front commun des éditeurs >
À l'approche du Sommet international pour l'action sur l'intelligence artificielle, qui a lieu aujourd'hui et demain 10 et 11 février au Grand Palais à Paris, les médias français ont lancé une ferme mise en garde à l'Élysée, organisateur de ce grand raout technologique. Via leurs organisations professionnelles, pour une fois sur la même longueur d'onde, quelque 3 000 supports ont insisté, dans une tribune publiée à grande échelle, sur trois points cruciaux pour que l'IA générative diffuse une information fiable. D'une part, arrêter le pillage des données des éditeurs de médias. D'autre part, s'assurer de la fiabilité des sources. Enfin, rémunérer les droits d'auteur et droits voisins pour l'utilisation des contenus rédactionnels. Une vision bien plus tournée vers la défense du pluralisme et de la démocratie qu'en direction des prouesses technologiques de l'IA. Malgré les clauses de réserves apposées sur les sites Internet depuis la directive européenne de 2019 sur le droit voisin aux droits d'auteur, les robots de sociétés américaines comme Common Crawl « rassemblent » des millions de données des éditeurs pour le compte des géants de l'IA, OpenAI, Google et Microsoft notamment. Le point de vue défensif des médias vis-à-vis de leurs contenus est largement soutenu, voire porté, par Rachida Dati. Ainsi, lors du vote de l'IA Act au Parlement européen en mars 2024, la ministre de la Culture a fait bouger la position de la France dans un sens plus restrictif. Côté éditeurs, après les récentes assignations de LinkedIn (Microsoft) pour refus d'engager des négociations sur les droits d'auteur, on se dit prêt à multiplier les procédures judiciaires.