Vivendi autorisé à détenir plus de 10 % du capital de l’espagnol Prisa
La Comisión nacional del mercado de valores (CNMV) a autorisé le groupe Vivendi à franchir le seuil de 10 % au capital de Prisa. Cette décision était très attendue par le groupe que préside Yannick Bolloré dans la mesure où il est actionnaire à hauteur de 9,9 % de Prisa et qu’il a souscrit en début d’année à une émission d’obligations convertibles dont la première tranche peut être convertie en actions entre le 1er et le 10 mai dernier.
Si tous les porteurs de convertibles profitent de cette fenêtre pour obtenir des actions Prisa, Vivendi détiendrait 10,9 % du groupe espagnol de presse et d’éditions. En revanche si le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine est le seul à opter pour la conversion, il se retrouverait à la tête de 15 % de Prisa. Jusqu’ici Vivendi était bloqué en dessous de 10 % en raison d’un décret pris pendant la crise sanitaire (comme en France) destiné à protéger les entreprises stratégiques d’éventuelles tentatives de prise de contrôle par des groupes étrangers.
Vivendi avait demandé aux pouvoirs publics la possibilité de détenir jusqu’à 29,9 % du capital de Prisa. Ce qui ferait de lui le premier actionnaire devant le fonds activiste Amber Capital que dirige le français Joseph Oughourlian et qui revendique une participation de 29,57 %. Il est de notoriété publique que le gouvernement de Pedro Sanchez ne voit pas d’un bon œil la volonté de Vivendi de devenir le principal actionnaire de Prisa, propriétaire d’El País, le premier quotidien espagnol et de la première radio du pays avec 21 millions d’auditeurs. D’autant plus que des élections législatives sont prévues en fin d’année.
L’avis de la Comisión nacional del mercado de valores autorise Vivendi uniquement à convertir ses obligations en actions nouvelles. En revanche le groupe français n’a pas la possibilité d’acquérir des actions sur le marché ou de gré à gré. Alors que du côté d’Amber Capital on ne fait pas mystère de la volonté de se désengager de Prisa pour se replier sur l’équipementier militaire Indra. Après avoir mené le combat contre Arnaud Lagardère le fonds de Joseph Oughourlian avait fini par céder ses titres Lagardère au groupe contrôlé par Vincent Bolloré.