2022 : 2 Français sur 3 ne veulent pas que Macron se représente, Philippe (à moitié) en embuscade
C'est le principal enseignement de notre sondage exclusif Ifop pour votre Lettre de L'Expansion : six Français sur 10 ne souhaite pas voir Emmanuel Macron se représenter en 2022. Un autre chiffre mérite qu'on s'y arrête : le total des « oui » atteint 37 %, quand, à la même époque, François Hollande était… à 20 % ! « Ce n'est pas si mal pour le chef de l'État », affirme Jérôme Fourquet, directeur du pôle Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop, qui ajoute que « ce 37 % est peu ou prou au même niveau que sa cote de popularité. Il y a donc un socle présent, une assise autour du président sur laquelle il peut s'appuyer, malgré la période chahutée et complexe ». Malgré un rejet évident, le jeu pour 2022 reste, à l'heure où nous écrivons ces lignes, totalement ouvert ; contrairement à François Hollande qui, à la même époque, était dans l'incapacité de se représenter. « Là, Macron peut y aller », confirme Jérôme Fourquet.
Le second enseignement de notre sondage exclusif se loge dans les détails : trois quarts des anciens électeurs de 2017 d'Emmanuel Macron souhaitent qu'il se représente. « Le quart de perte est compensé par les électeurs des Républicains qui souhaitent qu'il soit candidat », explique encore Jérôme Fourquet, qui précise que « toute la problématique est résumée ici : comment élargir à droite ? Une partie de la droite modérée est là pour compenser les pertes à gauche. Cette alchimie s'opérerait au prix d'un déplacement du centre de gravité de LREM à droite », ce qui semble déjà s'opérer en partie depuis ces derniers mois.
L'autre question de notre sondage concerne Édouard Philippe, qui est selon Jérôme Fourquet « à la jonction d'En marche et de la droite ». Il est vu comme un recours solide. « Son assise est plus large car beaucoup considèrent qu'il a été fidèle et loyal. En tant que recours, c'est crédible. Et il pourrait parler à une partie de la droite », malgré un 50/50, estime le sondeur. Le jeu reste donc malgré tout assez ouvert ; l'actuel chef de l'État conserve ses chances et est en capacité de se représenter, malgré un RN bien présent. Quant à Édouard Philippe, au cas où Emmanuel Macron ne se représenterait pas, même si ses scores sont bons, ils n'autorisent pas à parler d'« engouement », avec autant de partisans que d'opposants à une candidature de l'ex-Premier ministre. Dès lors, d'autres questions peuvent se poser : qui peut venir troubler le duel annoncé LREM/RN ? Un candidat issu de la droite, ou une candidature d'union des gauches ? Dans tous les cas, pour le moment, Emmanuel Macron conserve une fenêtre politique ouverte pour se présenter à un second mandat.