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Politique / 01/06/2020

« GREENPASS » : SIMEONI SE PREND LES PIEDS DANS LE TAPIS

Le président de l'exécutif Corse, Gilles Simeoni, fait pression depuis plusieurs semaines sur Matignon pour mettre en place un « greenpass », sorte de passeport sanitaire pour mêler attractivité touristique de la Corse et sécurité sanitaire, notamment en faisant réaliser aux personnes arrivant sur l'île de Beauté des tests de dépistage au Covid-19. Après une brève réponse du ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner, qui a estimé que ce « greenpass » n'était « pas forcément la solution », silence radio du côté du continent, malgré l'inscription de ce passeport sanitaire au plan de déconfinement porté par Gilles Simeoni. Simplement, il n'y a pas qu'au sein du gouvernement que cette initiative fait tousser. Au niveau local aussi, la fronde est grande, professionnels du tourisme et commerçants craignant que des mesures trop strictes, au moment où le territoire national passe dans sa quasi-totalité en « zone verte », ne décourage les touristes de se rendre en Corse. Jean-Noël Marcellesi, le président du Cercle des grandes maisons corses, cité par nos confrères de Corse-Matin, n'y va pas par quatre chemins : « Je ne pense pas (…) donner la moindre légitimité à M. Simeoni pour venir jouer les chevaliers blancs de la santé publique. Je crois qu'en réalité (…) il a pour véritable objectif de donner le coup de grâce à la saison touristique. » Qu'en disent alors les scientifiques ? Là encore, c'est un four. « C'est une aberration sur le plan scientifique. Ce n'est pas pertinent », pour Christophe Rapp, infectiologue à l'hôpital américain de Paris, lors d'une intervention sur BFMTV. La petite phrase, relevée toujours par Corse-Matin, a fait réagir… Et les politiques ? Au silence de Matignon et au recadrage de l'Intérieur, s'ajoute les (sévères) réserves du ministre de la Santé. Interpellé mi-mai par François Pupponi (Liberté & Territoires) à ce sujet, Olivier Véran a répondu : « On tient à la Corse et on tient à ce que ça continue. La gestion du risque est nationale. La différenciation n'est pas dans mes valeurs. » Fermez le ban ?
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