Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Tendance / 27/04/2020

Le grand « oui » à l'union nationale

C 'est le résultat sans appel de notre sondage exclusif Ifop/La Lettre de L'Expansion : plus de sept Français sur dix sont favorables à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale qui rassemblerait différents partis pour relever les défis sanitaires, économiques et sociaux liés à la crise du coronavirus (lire notre page 3 pour tous les détails et l'analyse exclusive de Jérôme Fourquet). Une telle adhésion s'explique, évidemment, par le contexte exceptionnel que nous traversons et par la volonté des Français de voir nos responsables politiques de tous bords s'unir pour gouverner fermement, sans atermoiement et hésitation. Mais ne peut-on pas également voir, dans cette volonté partagée, une envie des Français de retour à l'« ancien monde », pour faire appel à des ministres qui ont déjà été en poste, qui connaissent le fonctionnement de l'État et savent gérer un ministère en temps de crise ? Une union nationale qui serait, finalement, une réhabilitation de cet ancien monde que certains jugeaient dépassé ? La gestion de crise ne s'improvise pas. En la matière, il y a ceux qui, immergés de longue date dans le bain politique, ont su gérer et tenir les rênes de la maison France quand cette dernière était en péril (Nicolas Sarkozy lors de la crise de 2008 par exemple), et il y a ceux qui ne font que produire du « flou », lors de conférences de presse poussives à l'issue desquelles on ignore toujours s'il faut ou non porter des masques, ramener ou non nos enfants à l'école, attendre ou non un vaccin, se faire ou non tester… Pour sortir de la crise sanitaire et faire face à ses conséquences, l'idée d'un gouvernement d'union nationale fait aussi son chemin à l'Élysée. Comparaison n'est pas raison, il est vrai. Et le gouvernement, on ne peut le nier, fait ce qu'il peut. Mais beaucoup de questions restent en suspens, et les inquiétudes demeurent, qu'elles soient politiques ou économiques. Raison pour laquelle l'idée d'un gouvernement d'union nationale fait aussi son chemin à l'Élysée, où réunir les bonnes volontés, talentueuses, de tous bords, qui souhaitent la réussite de la France s'avère de plus en plus nécessaire. La volonté d'amorcer et de réussir un « acte III » du quinquennat et d'éviter, aussi, des scores catastrophiques aux élections intermédiaires qui se profilent dans l'un des pires moments du mandat du chef de l'État (lire notre page 4). Quoi qu'il en soit, il est difficile pour les partis politiques de se payer le luxe d'une division, à l'heure où le pays cherche des solutions pour sortir le plus vite possible de cette crise et d'éviter un effondrement économique. Cependant, au regard des plaintes qui s'accumulent et des commissions d'enquête demandées, il y a fort à parier que le temps de l'union nationale, si cette dernière a lieu, ne durera pas éternellement. Ce dont, à l'Élysée,
Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023