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Tendance / 16/12/2019

Le courage de servir

Difficile de trouver les mots pour décrire l'émotion juste qui domine, en ce lundi2 décembre, jour de l'hommage national rendu aux treize militaires françaisayant perdu la vie au Mali lors d'un tragique accident entre deux hélicoptères. L'émotion, sans doute. Lerecueillement, essentiel. Âgés de 22 à 43 ans, les treize soldats ont donné leur vie pour défendre les nôtres, et le territoire national, en luttant contre les groupes islamistes au Mali et au Sahel. Au-delà des polémiques politiques lancées par une partie de la gauche de la gauche afin de savoir si la présence française en opération extérieure est légitime,l'heure est à l'union nationaleet à l'hommage. Cette semaine qui commence si difficilement sera loin d'être facile pour le chef de l'État. Déjà, ce week-end, les oppositions politiques ont continué de se faire entendre : congrès d'Europe Écologie-Les Verts, Conseil national des Républicains rue de Vaugirard, meeting du Printemps républicain réunissant pêle-mêle, comme vous l'annonçait la semaine dernière votre Lettre de L'Expansion, Valérie Pécresse, Bernard Cazeneuve, ou encore Jean-Pierre Chevènement… les alternatives politiques à Emmanuel Macron tentent toujours de s'organiser au mieux, mais partent souvent dispersées, alors que les élections municipales ont lieu dans quatre mois maintenant. La dispersion, parfois dans un même camp politique, rend les possibles propositions ou alternatives inaudibles. Si les oppositions politiques étaient réunies, les oppositions sociales n'ont pas été en reste : appel à une nouvelle manifestation samedi avec les hôpitaux, rassemblement le même jour contre la privatisation d'Aéroports de Paris, marche pour le climat et la justice sociale, rassemblement à l'appel du Mouvement national des chômeurs et précaires devant le siège du Medef… Comme si de nombreuses corporations procédaient à une répétition générale avant la grande grève de jeudi, qui s'annonce très suivie sur la quasi-totalité du territoire. Et il y a fort à parier que le « séminaire » gouvernemental de cadrage qui s'est tenu hier à Matignon et présidé par le Premier ministre Édouard Philippe, en présence de l'ensemble du gouvernement et à propos du dossier des retraites pour « caler la feuille de route », a dû être assez intense. D'autres dossiers politiques seront au menu de l'exécutif cette semaine, comme le serpent de mer de la présentation de la réforme de l'audiovisuel. Mais, déjà, le chef de l'État devra retrouver ses dossiers favoris : l'Europe et l'international. Demain mardi, Emmanuel Macron s'envole pour Londres où il participera à un sommet sur la Syrie avec Angela Merkel, Boris Johnson et Recep Tayyip Erdogan, avant son déplacement mercredi au sommet de l'Otan, qu'il a décrite il y a quelques jours en état de « mort cérébrale ». Cette « sortie » du chef de l'État français n'a certainement pas réchauffé les relations avec Angela Merkel. Par ailleurs, il s'entretiendra en aparté avec les présidents turc et américain. Emmanuel Macron et l'exécutif sont donc toujours au cœur d'agitations politiques ; la grève de ce jeudi 5 décembre ne laissera pas beaucoup de répit au chef de l'État. Et les réponses doivent être à la hauteur de la colère, en prévision des congés de Noël.
Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023