LE SÉNAT FREINE LES AMBITIONS DE POIRSON
Difficile pour Brune Poirson, la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, et actuelle vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement, de porter sa loi contre le gaspillage. En cause : la partie concernant la consigne des bouteilles plastique, qui a hérissé le Sénat ces derniers jours, ce dernier accusant tour à tour le gouvernement de favoriser les lobbys de la boisson, de rendre encore plus difficile la tâche des territoires en complexifiant de processus de tri et en défavorisant, de fait, les centres de tri. Face à cette levée de boucliers, pour calmer les sages de la Haute Assemblée : un amendement gouvernemental pour que soit reversé aux collectivités territoriales le montant des produits collectés, sorte de « gage » donné aux territoires. « Vous déposez en catastrophe un amendement pour sauver ce dispositif promis à un avenir incertain dans cet hémicycle (…). Je ne parle même pas des collectivités qui vont devoir faire le tri entre les bouteilles consignées et celles non consignées. Quelle usine à gaz ! », a lancé Joël Bigot, sénateur PS, l'un des plus vindicatifs dans l'hémicycle du palais du Luxembourg contre la secrétaire d'État Poir-son. Il y a quelques jours, déjà, la ministre s'était fait remarquer par ces propos sur la jeune militante écologiste Greta Thunberg : « On ne peut pas mobiliser avec du désespoir, presque de la haine », avait-elle déclaré sur France Inter, quelques semaines après l'avoir publiquement félicitée lors de son passage à l'Assemblée nationale. Un changement de discours qui n'avait pas manqué d'être souligné sur les réseaux sociaux, tout comme pour d'autres membres du gouvernement, qui n'ont pas eu des mots très tendres pour la jeune militante, après l'annonce d'une plainte pour « inaction climatique » contre cinq grands pays, dont la France.