ORANGE ET LES TOURMENTS D'ALEXANDRE BOMPARD
C'est demain mardi 9 juillet que sera rendu le jugement définitif dans l'affaire Tapie où l'homme d'affaires risque gros. Mais il n'est pas le seul, puisque Stéphane Richard, le patron d'Orange, à l'époque directeur de cabinet de Christine Lagarde, la ministre de l'Économie au moment de l'arbitrage Tapie-CDR a vu requérir contre lui, lors du procès qui a eu lieu au début du printemps dernier, trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme, assortie d'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans.
Personne n'imagine que les juges iront jusque-là. Mais Stéphane Richard a déjà prévenu ses proches et son conseil d'administration. Si la sanction est lourde, il remettra son mandat en jeu. Manière de demander à l'État une sorte de « motion de confiance ». S'il se trouve vraiment décrédibilisé par le jugement, le conseil d'administration devra se réunir vite. Et il existe en son sein deux personnalités capables de diriger un groupe comme Orange : Alexandre Bompard, l'actuel patron de Carrefour, et Nicolas Dufourcq, le créateur et patron de Bpifrance, qui a travaillé chez France Telecom du temps de Michel Bon.
Pour les connaisseurs, c'est Alexandre Bom-pard qui coche toutes les cases pour reprendre le flambeau d'un groupe deux fois éprouvé si Stéphane Richard démissionne et alors qu'a lieu le procès de Didier Lombard dans l'affaire des suicides de France Telecom. Mais il est engagé chez Carrefour dans un travail de transformation à long terme. Et il a conclu un pacte moral tant avec Bernard Arnault, actionnaire important qu'avec la famille Houzé. Il faudrait donc une intervention d'Emmanuel Macron pour délier Alexandre Bompard de ce pacte au nom de l'urgence nationale. Si tel n'est pas le cas, Nicolas Dufourcq pourrait être nommé, d'autant que l'État a une dette envers lui après le gros travail qu'il a mené au sein de Bpifrance. Il ne faut pas exclure, enfin, que Stéphane Richard écope d'une peine légère ou bénéficie d'un soutien venu de l'Élysée, même si Emmanuel Macron n'est pas un proche. Quoi qu'il en soit la semaine sera pleine de suspense pour Orange.