Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Tendance / 18/02/2019

Signal d'alarme

«L 'esprit public est devenu délétère. La montée de la violence, sous toutes ses formes, verbale et physique, le discrédit des hommes et des femmes politiques, réputés tous pourris, la stigmatisation des élites, dont tout pays a pourtant besoin (…) dans ce climat général,infecté par les mensonges et les haines, que véhiculent les réseaux sociaux, l'esprit public, la vie publique sont difficiles à vivre et lourdes à porter. » Ces mots, prononcés par Alain Juppéjeudi dernier lors de ses adieux à la ville de Bordeaux pour rejoindre le Conseil constitutionnel, mouvement qui a entraîné le retrait politique de sa première adjointe à la mairie Virginie Calmels, sonnent douloureusement juste, comme l'ultime signal d'alarme d'une génération politique qui cède peu à peu sa place à la suivante. Car les événements sociétauxde la semaine dernière ont certes, toujours été marqués par les Gilets jaunes, mais aussi et surtout par d'odieux actes antisémitesqui renvoient le signe d'une société malade de sa haine. Le 34e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui se tiendra ce mercredi, va donc revêtir une importance toute particulière.

Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on assure que ce rendez-vous annuel sera l'occasion de prononcer un discours fort, au lendemain du rassemblement qui aura lieu place de la République, mardi soir. L'instabilité sociétale de ces derniers jours n'arrête pas l'exécutif, qui peut souffler un court instant en se réjouissant des chiffres encourageants publiés par l'Inse, montrant que le taux de chômage est à son plus bas niveau au 4e semestre 2018. Des chiffres qui ont réjoui la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui revient dans l'actualité avec un déplacement aujourd'hui même dans la ville de Bouguenais (Loire-Atlantique), afin de signer officiellement le Pacte régional d'investissement dans les compétences. Derrière ce nom se cache un système qui permettra de former un million de jeunes et un million de demandeurs d'emploid'ici à 2022. Une éclaircie, donc, dans un ciel ombragé depuis déjà plusieurs semaines. Un autre ministre sera cette semaine, comme la semaine passée, dans la lumière. Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquervoit son « projet de loi pour une école de confiance » voté en scrutin public à partir de mardi sur les bancs de l'Assemblée nationale. Le projet de loi, qui sera adopté sans grande surprise, devrait cependant, outre les oppositions habituelles, rencontrer peu de points de blocages.

Le chef de l'État, lui, sillonne toujours les routes de France dans le cadre du « Grand Débat national », et d'autres déplacements sont au programme dans les prochaines semaines. Cependant, là encore, un signal d'alarme a été tiré et doit être entendu par l'exécutif : selon un sondage Odoxa/Dentsu Consulting pour nos confrères de France Info et Le Figaro, 66 % des Français estiment que le chef de l'État profite du Grand Débat pour faire campagne pour les élections européennes. Dont acte. Mais quelle aurait été la réaction des Français si Emmanuel Macron ne s'était pas rendu auprès des élus locaux et des citoyens ? Dans une impasse politique, le locataire de l'Élysée n'a pas eu d'autre choix que de « mouiller la chemise ». Pour expliquer, et anticiper les prochains signaux d'alarme qui pourraient être lancés.

Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023