L'EXÉCUTIF PEINE À SE RÉCONCILIER AVEC LES ÉLUS LOCAUX
La colère est toujours là. Pire, elle grandit un peu plus chaque semaine. Réunis la semaine dernière en congrès à Marseille, les maires, départements et régions de France étaient présents pour dialoguer, autour notamment de François Baroin, président de l'Association des maires de France, Dominique Bussereau, président de l'Assemblée des départements de France (ADF), et d'Hervé Morin, président de l'Association des régions de France. Tous ont fait le même constat : le dialogue est rompu, sinon très abîmé, entre les collectivités et l'exécutif. Trop parisien, pas assez concerné, traité avec mépris… Les critiques contre le chef de l'Etat sont nombreuses. La baisse des dotations aux collectivités, mais aussi l'accusation d'un passage en force des 80 km/ heure sur les routes secondaires sans concertation pèsent lourd dans cette grogne. Et le désamour ne date pas de la semaine dernière : déjà, en 2017, Emmanuel Macron avait dû faire face à la colère des maires, lors de leur congrès annuel. Raison évoquée l'année passée : le gel des crédits, mais également la mise en place des « conférences des territoires » qui ne seraient que communication, ou la baisse des emplois aidés dans les mairies… Autant de reproches qui, un an plus tard, n'ont pas disparu. Cette colère pourrait paraître anecdotique (même si l'ancien chef de l'Etat François Hollande soutient ce vent de révolte, ayant déclaré récemment que « l'expérience d'un maire, d'un conseiller général ou régional est irremplaçable, il est en prise directe avec les problèmes concrets des citoyens, cela ne peut pas s'inventer du sommet de l'Etat »), mais elle inquiète, à moins de deux ans des élections municipales. Sans relais sur le terrain, En marche apparaît déjà en difficulté. Du coup, cette exaspération est surveillée de très près par l'état-major du parti. Sur le terrain, les parlementaires ont également été invités à défendre les actions du chef de l'Etat pour « limiter la casse ». Le divorce, lui, semble pourtant bel et bien consommé.