Manquerons-nous d'eau en 2050 ? >
L a population mondiale devrait passer de 7,7 milliards en 2017 à entre 9,4 milliards et 10,2 milliards d'individus d'ici 2050. Les deux tiers de la population mondiale vivront à cette échéance en ville. Plus de la moitié de cette croissance anticipée devrait se produire en Afrique (+ 1,3 milliard) qui, avec l'Asie (+ 0,75 milliard), deviendrait le deuxième plus gros contributeur à la future hausse de la population. Au cours de la même période (2017-2050), le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait être multiplié par 2,5.
Dans le même temps, le cycle de l'eau mondial s'intensifie et se tend en raison du réchauffement climatique, les régions les plus arrosées devenant toujours plus humides et les régions les plus arides se retrouvant confrontées à toujours plus de sécheresse. Actuellement, la demande mondiale en eau a été estimée à environ 4 600 km3 par an et devrait augmenter de 20 à 30 % pour atteindre 5 500 à 6 000 km3 par an d'ici 2050.
L'agriculture représente 70 % des prélèvements d'eau au niveau mondial, dont la grande majorité est utilisée pour l'irrigation. De fait, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a prévu une augmentation de 5,5 % des prélèvements d'eau pour l'irrigation de 2008 à 2050. Indépendamment de toute augmentation de la demande en eau pour l'agriculture, un agrandissement des terres arables dans le cadre du maintien du statu quo sera nécessaire pour répondre à l'augmentation estimée de 60 % de la demande alimentaire.
L'utilisation de l'eau par l'industrie, qui représente environ 20 % des prélèvements à l'échelle mondiale, est dominée par la production d'énergie, qui représente environ 75 % des prélèvements, les 25 % restants étant utilisés pour la fabrication. Des projections suggèrent que la demande globale en eau de l'industrie augmentera dans toutes les régions du monde, à l'exception de l'Amérique du Nord et de l'Europe occidentale et méridionale. Selon l'OCDE, la demande en eau pour l'industrie manufacturière devrait augmenter de 400 % sur la période 2000-2050.
Les prélèvements d'eau au niveau mondial pour la production d'énergie devraient augmenter d'un cinquième au cours de la période 2010-2035, tandis que la consommation d'eau augmenterait de 85 % en raison du passage à des centrales électriques plus efficaces dotées de systèmes de refroidissement plus perfectionnés et d'une production accrue de biocarburants.
L'utilisation domestique de l'eau, qui représente approximativement les 10 % restants des prélèvements d'eau à l'échelle mondiale, devrait augmenter de manière significative au cours de la période 20102050 dans presque toutes les régions du monde, à l'exception de l'Europe occidentale où elle resterait constante. En termes relatifs, les plus fortes hausses de la demande intérieure devraient se produire dans les sous-régions africaines et asiatiques où elle pourrait plus que tripler, et plus que doubler en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
Les ressources en eau de surface disponibles à l'échelle du continent devraient rester relativement constantes par rapport à l'évolution de la population, du PIB ou de la demande en eau. De nombreux pays connaissent déjà des conditions de pénurie d'eau et devront probablement faire face à une disponibilité réduite des ressources en eau de surface dans les années 2050. Dans les années 2010, 1,9 milliard de personnes (27 % de la population mondiale) vivaient dans des zones potentielles de pénurie d'eau. Ce chiffre pourrait atteindre 2,7 milliards à 3,2 milliards en 2050.