Quelle économie mondiale en 2050 ? >
Selon une étude de PwC, l'économie mondiale devrait connaître un taux de croissance annuel réel moyen d'environ 2,5 % sur la période 2016-2050. Cette croissance sera essentiellement portée par les marchés émergents et les pays en développement. Le centre de gravité de l'économie mondiale devrait continuer de s'éloigner des pays matures pour s'orienter vers les économies émergentes en Asie et ailleurs. Les pays de l'E7 pourraient peser près de 50 % du PIB mondial d'ici 2050, tandis que la part des pays du G7 diminuerait à tout juste 20 %.
Un bouleversement au sein des grandes puissancesEn 2050, l'Indonésie et le Mexique devraient éclipser le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, tandis que la Turquie pourrait dépasser l'Italie. Le Vietnam, l'Inde et le Bangladesh pourraient connaître la croissance la plus rapide sur la période 2016-2050, avec un taux annuel moyen de l'ordre de 5 %. Selon les économistes de PwC, le Nigeria est en mesure de se hisser de la 22e à la 14e place au classement général, à condition de diversifier son économie pour réduire sa dépendance au pétrole et de renforcer ses institutions et ses infrastructures. Par ailleurs, la part relative du PIB de la Chine et de l'Inde au sein du PIB monde devrait passer respectivement de 18 % à 20 % et de 7 % à 15 %, alors que le poids des Etats-Unis et de l'Europe des 27 devrait baisser respectivement de 4 et 6 points. La croissance dans de nombreux pays émergents sera soutenue par une relative dynamique démographique. Cette évolution devrait néanmoins s'accompagner d'investissements dans l'éducation et d'une amélioration des fondamentaux macroéconomiques pour garantir suffisamment d'emplois aux jeunes en nombre croissant dans ces pays.
La bonne nouvelle pour les économies matures, c'est qu'elles continueront de disposer d'un revenu moyen plus élevé. Les marchés émergents devraient progressivement combler cet écart, mais la convergence totale des niveaux de revenu à travers le monde ne devrait pas avoir lieu avant 2050. Les écarts de revenu moyen entre pays se combleront au fil du temps, mais ce processus sera loin d'être achevé à l'horizon 2050. En 2050, le niveau de revenu moyen des Etats-Unis sera environ le double de celui de la Chine et le triple de celui de l'Inde – mais il est également possible que les inégalités de revenus entre les pays continuent de croître, notamment en raison des évolutions technologiques qui favorisent les travailleurs les plus qualifiés et les détenteurs de capitaux.
Une croissance mondiale soutenue d'ici 2040Les économistes de PwC prévoient que la croissance économique mondiale avoisinera 3,5 % par an sur la période 2016-2020, puis se repliera à environ 2,7 % dans les années 2020, 2,5 % dans les années 2030 et 2,4 % dans les années 2040. En parallèle, de nombreuses économies matures (et éventuellement quelques marchés émergents comme la Chine) connaîtront un déclin marqué de leur population en âge de travailler. Pour réaliser tout leur potentiel, les économies émergentes doivent engager des investissements soutenus et tangibles dans le domaine de l'éducation, des infrastructures et des technologies. L'enjeu sous-jacent pour ces pays est de créer des incitations à l'innovation et à l'entrepreneuriat en développant leurs institutions politiques, économiques, juridiques et sociales.
Le développement des marchés émergents est créateur de nombreuses opportunités pour les entreprises. Celles-ci se dévoileront à mesure que ces pays pénétreront dans de nouveaux secteurs et trouveront leur place sur les marchés mondiaux. Ils gagneront ainsi en attractivité comme hub d'affaires pour les investissements et lieux de vie pour les travailleurs qualifiés. Les entreprises doivent se montrer suffisamment patientes pour surmonter les tempêtes économiques et politiques de courte durée. Mais les chiffres sont sans équivoque : ne pas s'intéresser à ces marchés émergents, c'est se priver de l'essentiel de la croissance économique que le monde devrait connaître entre aujourd'hui et 2050.