Sursaut
Mais le président sera aussi jugé sur des détails de mise en scène, du fait des dérapages récents qui lui ont été reprochés. Et désormais, plus de droit à l’erreur, pointent des proches, déconfits par les dernières polémiques et le décrochage d’opinion. Attention à la logistique d’événements médiatisés : lors de la cérémonie de panthéonisation de Simone Veil, des VIP n’ont toujours pas compris qui avait eu l’idée, en plein été, de les disposer sous une coque transparente transformée en serre surchauffée, ce qui a favorisé quelques conduites relâchées. Plus sérieusement, les circonscriptions à 200 000 électeurs, provoquées par la réduction du nombre de députés contenue dans la réforme institutionnelle, risquent de réduire à la portion congrue la part des députés RN et LFI, plus difficiles à élire au suffrage uninominal dans ces conditions. Un dispositif finissant – un paradoxe – par renforcer les grands partis ! Autre exemple : la procrastination touchant la sortie des projets, renvoyés à la rentrée voir à plus tard encore. Idem des nominations
qui tardent, comme à la tête de plusieurs directions du ministère de la Culture.
Au Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a pris ses fonctions de président sous le signe de l’ouverture et de l’efficacité qui ont plu en interne. Il a profité d’une dynamique construite sur les territoires, un terrain qu’il a commencé à travailler depuis l’élection de 2013. Alexandre Saubot ne se serait pas suffisamment distingué de la marque UIMM pour renverser la situation à son avantage. La digitalisation des entreprises, y compris en interne au Medef, est en marche, et le paritarisme sera revisité. Même si Saubot s’est montré beau joueur dans la défaite, on peut s’attendre à des remous dans l’industrie, voire à des prises de distance de certains acteurs. De Bézieux, de son côté, va devoir continuer à rassembler et à rassurer. Au côté de Patrick Martin, il est tout de suite allé fait un tour des bureaux avenue Bosquet. Les prochaines nominations en diront plus sur son écosystème personnel. Le dénouement approche aussi pour la tête d’Air France-KLM avec un jeu des pronostics bouleversé par la mise à l’écart de Philippe Capron. Une sorte d’affaire dans l’affaire, beaucoup s’interrogeant sur son avenir désormais chez Veolia. Confidence d’un dirigeant du groupe : « Tout dépendra à quel moment Antoine Frérot l’a su. » En tout cas, son éventuel atterrissage chez l’avionneur avait suscité moult vocations en coulisse pour le remplacer parmi de jeunes chargés de finances de groupes souhaitant changer d’air.