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Tendance / 04/09/2017

Premières salves

Après Jupiter, voici Bonaparte et les cinq ordonnances réformant le code du travail comme le premier tir du « tapis de bombes » qu'Emmanuel Macron compte dérouler dans les mois à venir pour transformer le pays, en jouant de l'effet de surprise. Percuté par des sondages baissiers de rentrée, le chef de l'Etat a livré au débat public, dans Le Point, un texte référent très charpenté et inscrit un premier dispositif de réforme très concret, qui vient diviser les syndicats, comme il l'avait opéré durant la campagne avec les partis politiques traditionnels. Confidences d'un député proche du Château : « Le but est de faire passer le plus de textes possible et de changements d'ici à l'été prochain et de pouvoir compter alors sur les premiers résultats de notre politique. Cette période pourrait durer jusqu'à la fin 2018. Ensuite, pour les dernières années du quinquennat, on ajuste ou corrige. » Un autre élu précise la singularité de la période : « Macron réfléchit déjà à sa campagne de 2022, tandis que beaucoup d'entre nous ne comptent effectuer qu'un seul mandat ! »


Le chef aura besoin de renouveler les troupes et d'engranger de nouveaux soutiens tant chez les élus que dans la société civile. Les élections sénatoriales seront un premier test à la fin du mois. LREM espère y glaner quelques bons résultats. A Paris, la liste de la majorité présidentielle aura comme trio de tête Julien Bargeton, adjoint aux finances d'Anne Hidalgo, suivi de Fadila Mehal (Modem) et de Jérôme Dubus (Les Constructifs). Face aux ambitions macronistes, Gérard Larcher a repris ses fondamentaux : active campagne de terrain dans chaque commune des Yvelines et dans les départements pour aider des candidats proches. Il pourra aussi compter en interne sur les talents de son ex-directeur de cabinet, Jean-Louis Schroedt-Girard, nouveau secrétaire général de la Présidence.


A droite, les grandes manœuvres ont commencé entre le favori Laurent Wauquiez et ses rivaux. Cette semaine, Maël de Calan, ex-porte-parole et corédacteur du projet d'Alain Juppé, devrait entrer en lice. Plusieurs figures du parti, lassées des querelles intestines et désireuses de réf léchir à de nouvelles idées pour la droite, comme Hervé Novelli ou Hervé Mariton, resteront discrètes sur leur Aventin. Le débat de campagne risque d'être binaire, avec des anti-Wauquiez qui martèleront qu'avec l'élection du président d'Auvergne-Rhône-Alpes, « LR reviendra la prochaine fois à l'Assemblée avec la moitié de ses effectifs actuels ».


Texte très travaillé, propositions de refondation (pédagogie de la mondialisation, réforme de la gestion paritaire…), gestuelle rappelant celle de Macron, Jean-Dominique Senard a réussi son intervention devant l'université d'été du Medef, qui a sonné comme les trois coups de sa campagne pour la succession de Pierre Gattaz. Des participants ont cependant objecté l'âge du capitaine (en décalage avec les jeunes pousses patronales) et le problème d'un aménagement des statuts que cela poserait. « Tout, même un départ anticipé de Gattaz, plutôt qu'ouvrir un débat juridique sur des questions d'âge ! » tonne un patron. Pour évaluer la situation, Gattaz doit s'exprimer le 13 septembre devant le comité statutaire du Medef.


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23/09/2023