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Tendance / 28/04/2017

Dynamiteur

Eviter un résultat étriqué, autrement dit s'assurer d'au moins 60 % des voix le 7 mai : c'est l'objectif d'Emmanuel Macron, sous peine qu'une érosion de son capital de voix dans l'entre-deux-tours par Marine Le Pen n'obère sérieusement son mandat. « Comme le quinquennat de Hollande a été pollué par Martine Aubry en raison de son deal avec les Verts, celui de Macron pourrait pâtir de Marine Le Pen! » prévient un patron proche du candidat.

 

Face à un électorat fragilisé, inquiet, certains voudraient solidifier la candidature Macron en poussant une opération, dans les prochains jours, aux côtés de Jean-Yves Le Drian. But : afficher un tandem censé garantir la sécurité des Français et occuper le terrain de la souveraineté et du peuple face à la candidate Le Pen.

 

Pour compenser la jeunesse et la naïveté présumée de beaucoup de proches de Macron, qui se positionnent pour la guerre des places, voire pour des portefeuilles ministériels, des soutiens du candidat recommandent de s'appuyer sur une poignée de maréchaux venus de la gauche et de la droite correspondant à la cartographie électorale : Le Drian pour le Grand Ouest, Xavier Bertrand dans le Nord, François Bayrou pour le Sud-Ouest, Gérard Collomb pour la grande région lyonnaise, Christian Estrosi dans le Sud-Est. Et ce macroniste de rappeler ce mot prêté à Georges Pompidou en mai 1968 : « Pour tenir la France, il suffit de six personnes ! »

 

Différents scénarios sont envisagés pour l'après-7 mai. Certains plaident, avant les législatives, pour un Premier ministre comme Jean-Paul Delevoye, rompu aux responsabilités et garant de la stratégie d'En marche! en raison de son rôle pour les investitures. Un éventuel autre Premier ministre serait désigné en fonction du résultat des législatives. D'autres recommandent une prise de risque maximale avec une personnalité incarnant un vrai cap politique. Le nom de Jean-Yves Le Drian revient, mais plus encore afin de casser la droite, les noms de personnalités de droite comme Valérie Pécresse, Xavier Bertrand ou encore Edouard Philippe. En leur associant des personnalités venues de la gauche, il s'agirait de faire valider l'idée d'une majorité plurielle s'appuyant sur plusieurs groupes parlementaires (En marche !, MoDem, vallsistes, nouvelle UDF réunissant des ex-LR et ex-UDI). Parmi les grands portefeuilles, Bayrou est cité à la Chancellerie pour faire avancer le texte sur la moralisation de la vie publique, Martin Hirsch aux Affaires sociales, Nicolas Hulot à l'Environnement.

 

Pendant ce temps, l'exacerbation du débat à droite entre les partisans du vote Macron et ceux qui s'y opposent ou y rechignent fragilise la crédibilité d'une équipe d'alternance à l'occasion des législatives et font le jeu du dynamiteur Macron. Une partie des cadres sarkozystes et Laurent Wauquiez laissent prospérer ce refrain entendu à la base : une éventuelle élection de Marine Le Pen augurerait d'un gouvernement de cohabitation dirigé par la droite. Wauquiez compte ainsi accroître sa popularité chez les militants dans l'optique de la reprise du parti. Parallèlement, les modérés (Juppé, Bertrand, Le Maire, Borloo…) réfléchissent à la création d'une organisation qui pourrait, sur certaines réformes, appuyer un gouvernement Macron. Face à une droite qui regarde dans deux directions opposées, Macron rêve, lui, de prises de guerre.

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23/09/2023