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Tendance / 27/10/2014

Successions

C ontrastant avec la succession de Christophe de Margerie rondement menée chez Total, les processus de renouvellement, en cours dans d'autres groupes du secteur de l'énergie, continuent à créer des remous à gauche. Principale cible : le choix pour EDF de Jean-Bernard Lévy, ex-directeur de cabinet de Gérard Longuet. « Cela donne le sentiment que la gauche n'a pas de vivier de compétences pour occuper des postes de ce secteur », peste un dirigeant du PS. « La famille libérale va continuer à faire son nid dans l'énergie », complète un autre proche du pouvoir. En tout cas, il s'avère que peu de personnalités estampillées socialistes se retrouvent aux manettes dans ce secteur.


Les remplacements des patrons chez Thales et Safran promettent d'être ardus, surtout pour la succession de Lévy. La compétition entre les prétendants en interne bat son plein sur fond de tensions entre l'Etat et l'actionnaire Dassault, qui a très mal pris d'avoir été mis devant le fait accompli concernant le départ du PDG. Pierre-Eric Pommellet, DGA de Thales, espère profiter des handicaps de ses concurrents de l'interne, mais pourrait croiser sur sa route les ambitions d'anciens du groupe et de pointures extérieures. Pascale Sourisse, qui pourrait pâtir d'un veto de Dassault en raison de son indépendance, espère alors rebondir chez Safran.


Pour la succession de Jean-Paul Herteman, le chasseur Spencer Stuart poursuit ses consultations. Pour l'heure, le schéma d'un tandem président non exécutif-directeur général tiendrait la corde au sommet de l'Etat. Christian Streiff, vice-président du conseil d'administration, et Ross McInnes, DG délégué, ex-Macquarie et ex-Thales, sont sur les rangs pour le premier poste. Concernant la direction générale, Philippe Petitcolin, patron de Sagem, et Olivier Andriès, PDG de Turbomeca, sont en campagne. Des candidats externes pourraient entrer en lice, type Pascale Sourisse, mais la forte culture du groupe pousse à des candidats venant de l'interne.


Faute de résultats économiques pour l'exécutif, la classe politique revient à ses jeux favoris, surenchères et schémas d'alternatives politiques. A gauche, une double compétition est en marche : celle pour prendre le leadership du PS pour l'après-2017 et celle au Parlement de la gauche de gouvernement face aux frondeurs et aux ex-ministres déçus. S'y ajoutent les positionnements de plus en plus démarqués entre François Hollande et Manuel Valls. Autant d'ingrédients de désordre qui pourraient provoquer un accident politique. Même si Marisol Touraine tente de donner des couleurs de gauche au PLFSS, le gouvernement n'exclut pas d'utiliser l'article 49.3.


Entre yo-yo des marchés boursiers et indicateurs moroses de l'activité, le climat économique continue à s'assombrir. Le cas de l'Hexagone est sujet à toutes les supputations. Sur fond de discussions laborieuses avec Bruxelles sur le PLF 2015 et menaces des agences de notation, de plus en plus de voix (économistes) montent pour pointer le risque France en cas de retournement des marchés financiers. Et l'embarras de Paris n'est pas de nature à ramener la confiance. A ce jeu-là, le Prix Nobel Jean Tirole risque bien d'être mis à contribution…


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23/09/2023