Roederer : comment la maison de champagne se mondialise
Cette année, la maison de champagne Louis Roederer devrait annoncer une ou deux acquisitions : en Espagne et en Bourgogne. De quoi étoffer un portefeuille de très belles marques constitué autour de son nom : Champagne Deutz, mousseux californiens de Roederer Estate et Schaffenberger, Domaines Ott en côtes-de-provence, crozes-hermitage et saint-joseph de la maison Delas, sans oublier Pichon Longueville Comtesse de Lalande, aux côtés de deux autres bordeaux, Château de Pez et Château Haut-Beauséjour. Autant de fleurons qui font saliver nombre de géants du luxe et des bulles. Sans oublier plus de 220 hectares de vignes autour de Reims, représentant la moitié de ses approvisionnements en raisin, et un stock de plus de 18 millions de bouteilles rien que pour les cuvées Louis Roederer ! Soit plus de quatre années de ventes.
Mais voilà, Frédéric Rouzaud entend bien rester indépendant. Aux commandes de l'entreprise depuis 2006, celui qui a convaincu son père, Jean-Claude (aujourd'hui président du conseil d'administration), de racheter Comtesse de Lalande entend bien faire perdurer une histoire familiale née en 1776. Il s'est entouré de deux hommes de l'art pour l'épauler, tous deux directeurs généraux adjoints : Jean-Baptiste Lecaillon et Michel Jeanneau. Le premier, diplômé d'agro Montpellier et d'oenologie, a la haute main sur les vignobles, la vinification et les caves de toutes les propriétés du groupe. Le second, docteur en économie et ancien enseignant à la Sorbonne, se charge de la communication et de l'animation d'un réseau commercial mondial. L'entreprise dispose de ses propres filiales sur ses principaux marchés, de participations chez d'autres distributeurs et fait valoir le poids prépondérant de ses champagnes et différents vins tranquilles dans ses ventes. Quant à viser la cotation en Bourse, Frédéric Rouzaud exclut formellement cette possibilité.