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Tendance / 04/11/2013

Troubles

Comment rebondir pour l'exécutif qui ne semble plus à même de saisir la moindre corde de rappel ? Après la reculade du gouvernement sur le dossier de l'écotaxe, Thierry Mandon misait la semaine dernière sur le fait que Jean-Marc Ayrault pourrait réussir à remonter la pente sur ce sujet. Mais, pour certains élus chevronnés, comme Roger-Gérard Schwartzenberg, le Premier ministre sait ce qu'il veut en termes de ligne politique ; François Hollande, lui, serait plus fluctuant. Un des intimes du président, qui l'a rencontré récemment, a trouvé un homme un brin " troublé ". Et d'ajouter à son propos : " Il n'aime pas agir dans l'urgence. Il relativise tellement les choses sur tous les sujets qu'il finit parfois par ne plus y voir clair. " Ainsi, la communication présidentielle précipitée concernant Leonarda aurait provoqué des tensions à l'intérieur de l'Elysée : Pierre-René Lemas y était très hostile, tandis qu'Aquilino Morelle, de concert avec Valérie Trierweiler, aurait poussé en sens inverse.

Ce visiteur du soir du président lui a donc expressément conseillé de changer de méthode et de dispositif au lendemain de la prochaine séquence électorale, qui s'annonce sombre pour le pouvoir. En substance : fini la concertation tous azimuts, qui ne valait que pour le début du quinquennat, et place à un gouvernement resserré d'une quinzaine de ministres comprenant des poids lourds et assumant une ligne sociale-démocrate. Le chef de l'Etat a paru intéressé par cette invite, mais sans donner d'assurance sur le fait qu'il passerait cette fois à l'acte.

Dans la majorité, des représentants de l'aile gauche du PS, conscients des risques pour le collectif socialiste de certaines déclarations contestataires, auraient décidé de baisser le ton. Chez les Verts, Cécile Duflot a pris, elle aussi, le virage du pragmatisme, quitte à laisser isolé son complice Jean-Vincent Placé. Les députés PS les plus proches de l'exécutif, tétanisés par les réactions entendues sur le terrain, exigent qu'on ne parle plus désormais de fiscalité. Et ce membre PS de la commission des Finances de pointer la responsabilité élyséenne : " Nous sommes encore victimes du goût de Hollande pour le thème de la fiscalité, qui le fait toujours revenir sur ce sujet et décider souvent tout seul. " Parallèlement, les députés PS se montrent très remontés concernant le traitement de l'information par des médias qui " prendraient plaisir à imaginer le pire pour se donner le frisson de vivre des moments historiques " : " S'il y a demain 40 villes significatives qui tombent dans l'escarcelle du FN, les médias seront aussi mis sur la sellette ", assure cet élu de l'est de la France.

La controverse sur l'écotaxe a créé du trouble aussi dans l'opposition. Certains députés UMP de la commission des Finances en veulent ainsi à Jean-Louis Borloo de s'être dérobé à l'époque, quand ils essayaient de l'alerter sur les aspects fiscaux de ce dossier. Et Gilles Carrez, président de la commission des Finances, qui n'entend pas là-dessus " hurler avec les loups ", se rappelle combien nombre de ses collègues de l'ex-majorité étaient allants sur cette écotaxe, considérée comme un moyen d'obtenir de nouveaux équipements de transport. Bref, malgré les apparences, le dossier écotaxe qui va propérer met tout le monde au pied du mur.

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23/09/2023