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Tendance / 11/03/2013

Carrure

Ne pas confondre le dire et le faire. Le gouvernement semble s'appuyer sur cette conviction pour contrer les procès qui lui sont faits. La semaine dernière, Pierre Moscovici s'est ainsi employé à marteler que, contrairement à certaines antiennes relayées par l'opposition ou des médias, les statistiques sur les investissements internationaux en France et le flux d'exilés fiscaux restent bien orientées. Autrement dit, le pouvoir insinue que certaines tendances de fond sur le front économique sont résilientes, même en période de crise, et qu'on peut toujours compter sur des effets correcteurs positifs.

Le gouvernement reste très attentif au climat social, qui donne des signes contradictoires : tensions sur certains dossiers comme Goodyear, mais aussi accord de compétitivité chez Renault avec l'appui de trois syndicats dont FO. A quelques encablures du congrès de la CGT, Bernard Thibault et Thierry Lepaon ont indiqué à leurs interlocuteurs ministériels qu'ils auront de plus en plus de mal à "tenir la base" si l'austérité perdure et surtout se renforce. La centrale de Montreuil s'agace aussi de ce que Arnaud Montebourg, à travers ses sorties médiatiques, "empiète" sur leur terrain syndical. Sans pour autant déboucher sur des solutions microéconomiques inspirées de la CGT, type la création de Scop pour reprendre des entreprises.

Les ministères doivent gérer les consignes de serrage de ceinture concernant leur budget de fonctionnement. Ceux qui sont déployés en régions à travers des administrations décentralisées parviennent à mieux faire passer la pilule, qui affecte notamment les contractuels. Un ministre confie que le processus sera plus violent, mais aussi plus porteur d'économies que... l'ex-RGPP. Confidence d'un de ses collègues : "Nous ne pouvons pas répliquer à l'opposition en détaillant sur les coupes, afin de ne pas provoquer les syndicats !" Dans ce contexte, il n'est pas interdit d'être astucieux. Ainsi le projet de loi sur la dépendance pourrait revenir à la surface, couplé avec la réforme des retraites. Explications : les économies attendues de cette dernière pourraient permettre de bouger sur le dossier dépendance qui, lui, coûtera de l'argent.

Au PS, on se perd en conjectures sur l'après-Ayrault, normalement prévu après la séquence électorale de 2014. Peu de noms émergent ayant la carrure et faisant contraste avec le style du Premier ministre. Pierre Moscovici ? Il se positionne discrètement, mais ses détracteurs estiment qu'il ne serait pas assez "différent". Manuel Valls ? Mais le souhaite-t-il vraiment... Curieusement, des responsables socialistes relaient actuellement le scénario de sa possible candidature à la région Ile-de-France.

A l'UMP, les choses ne sont pas plus limpides. Un proche de l'ex-chef de l'Etat n'exclut pas que la "saison 2" de l'élection à la présidence du parti n'ait pas lieu, grâce à une manoeuvre lors d'un conseil national du mouvement. Des questions demandant un report de l'élection seraient alors suivies par un vote en ce sens du Conseil. A condition que Jean-François Copé et François Fillon en soient d'accord. Quant à Franck Robine, directeur de campagne de ce dernier, il lorgnerait le poste de DG des services du département des Alpes-Maritimes, présidé par Eric Ciotti...

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23/09/2023