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Tendance / 06/04/2012

Crispations

Etrange campagne! "On parle de la dette qui est anxiogène. Et on n'évoque ni projets ni espérance", se désole un cacique de la droite, rejoint par Henri Lachmann, qui fulmine contre la médiocrité du débat politique.Pour lui, la droite et un certain patronat se trompent de combat en s'obstinant à vouloir grignoter quelques points sur les coûts salariaux alors que la priorité devrait être "de trouver de nouvelles marques et des technologies, pour les entreprises et, de se réformer en s'attaquant à la dépense publique, pour l'Etat ".

Dans ce contexte trompeur, politiques et milieux d'affaires sont partagés entre deux pronostics parfaitement contradictoires sur les deux tours de la présidentielle.Pour les premiers, une majorité de Français va vouloir coûte que coûte chercher à "se débarrasser de Nicolas Sarkozy", ce qu'attesterait la montée des gauches dans les sondages, prélude à un possible raz-de-marée aux législatives. En résumé, le président-candidat,même s'il retrouve quasiment son score du premier tour de 2007, n'aura pas assez de réserves pour remonter de vingt points le 6 mai. Tandis que les tentatives de débauchage de François Bayrou, contre-productives, ne seront pas entendues dans son électorat. Les proches de François Hollande sont aussi persuadés que la participation sera au final plus importante que prévu. Les troupes se rassemblent pour "taper sur Sarkozy", pendant que Pierre Moscovici,depuis quelque temps moins dynamique, est plus en retrait dans le dispositif, éclipsé par Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

L'autre schéma met en scène la montée de Jean-Luc Mélenchon, qui permettrait de ressouder entre les deux tours droite et centre et replacerait le duel Sarkozy-Hollande dans un affrontement classique droite-gauche, favorable a priori au premier. Même en cas de victoire sur le fil de Sarkozy, l'UMP se fait encore des frayeurs. Certains redoutent en effet une contre-offensive du PS pour les législatives, ce dernier ne voulant pas se laisser déposséder du pouvoir et cherchant à empêcher le président réélu de gouverner. "Quelle serait la marge de manoeuvre de Sarkozy avec un Parlement contre lui ? ", s'interroge un leader UMP. Autre source de trouble, des initiatives comme celle de Michel Sapin et Jean Arthuis, auteurs de La France peut s'en sortir ! PS-Centre le débat.

La chronique des "péripéties de campagne" agite le landerneau. Les indemnités de départ finalement versées à Anne Lauvergeon ont été, ici et là, mal perçues. Sans parler du bonus de 16 millions d'euros de Maurice Lévy, qui a explosé comme un coup de Trafalgar. "Ce n'est pas tant le montant en jeu qui a choqué l'opinion que la contradiction entre ses déclarations demandant aux patrons de payer plus d'impôts et cette annonce", note un patron, qui pointe un bogue qui le fragiliserait en interne. Une décision d'autant plus étonnante qu'il est président de l'Afep!

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23/09/2023